Fiction et diffamation

mercredi 11 mars 2015, par Franck Garot

J’ai reçu aujourd’hui un courrier de l’avocat de mon ancien employeur me mettant en demeure d’arrêter la publication de mon roman Tango Romeo m’a tuer. La menace est claire : référé et diffamation.

Je suis très étonné de cette démarche. Le seul nom réel utilisé est celui de Garot. Je suis bien placé pour certifier qu’il n’y a pas diffamation. Quand le personnage Benoît Garot parle du groupe Women par exemple, ce sont des propos que j’ai moi-même tenus, à plusieurs reprises, et devant témoins. De plus, j’assume ces propos, et l’on ne pourra pas me faire de procès pour machisme. Pendant ma carrière chez Thomson Reuters, j’ai recruté un seul manager et ce fut une femme. Je l’ai choisie alors qu’il y avait des candidats hommes, non pas parce que c’était une femme, mais parce que c’était le meilleur manager candidat. J’appliquais un coefficient de 80% sur les objectifs quantitatifs des femmes au 4/5e. Et j’ai même demandé une hausse exceptionnelle de salaire à une femme qui revenait de congés maternité afin de rattraper le retard de salaire et ce, un an avant que la société ne se préoccupe de ce genre de situations. Alors, je pense tout de même avoir le droit d’écrire dans une fiction qu’il y a d’autres solutions que le lobbying féministe (qu’il s’appelle Women, Femen, ou autre) pour la défense du droit des femmes, non ?

Je prends cet exemple parmi d’autres, car dans la lettre, il n’y a aucune citation concernant mes personnages en cause. On ne me dit pas qui s’est reconnu ni dans quel personnage.

Alors bien sûr, je pourrais jouer à la guéguerre fiction vs diffamation avec mon ancien employeur mais j’ai d’autres priorités. J’ai été licencié (par ceux qui veulent que je me taise à présent) dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi et je prépare une reconversion. Pas le temps de chercher un avocat aujourd’hui, pas le temps d’expliquer comment on écrit une fiction, pas le temps de leur dire que chacun de mes personnages a été composé à partir de plusieurs personnes croisées chez Thomson Reuters ou ailleurs. Et que certains sont 100% fictifs, comme Chris, comme Jean-Louis, comme Dimitri, comme Mr. White, le dealer de cocaïne que vous n’avez pas eu le loisir de connaître encore (chapitre 6).

Je me concentre sur deux autres choses : la préparation de concours et la saisine du Conseil des Prud’hommes. Je pense aussi que les avocats de mon ancienne entreprise devraient se concentrer sur ce dernier dossier. Il est beaucoup plus lourd que celui de mon roman.

Bien entendu, c’est juste une gestion de priorités. Je proposerai mon roman à des éditeurs quand il sera terminé. Pour l’instant je retire les 6 posts Tango Romeo.

Enfin, à l’attention de mes anciens collègues, "ce con qui a posé la question sur la fusion" au chapitre 5, ce n’est pas P.F. Allez, je vous souhaite bonne chance, vous en aurez sûrement besoin, je le crains.


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