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	<title>Franck Garot</title>
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	<description>Lou Dark, les 807, Erik Satie, tous les projets litt&#233;raires et musicaux de Franck Garot</description>
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		<title>Blanche</title>
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		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>100 mots</dc:subject>
		<dc:subject>Vacances</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est la derni&#232;re soir&#233;e de la semaine au village de vacances : soir&#233;e blanche, tenue blanche exig&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; On danse autour de la piscine. Amandine ondule avec les autres ados au milieu des familles. Le regard des hommes se pose souvent sur le corps de cette jolie brune de 17 ans.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais elle les ignore, elle pense &#224; Mathias. Il a &#233;t&#233; doux cet apr&#232;s-midi. Un ange de tendresse, aussi intimid&#233; qu'elle. Elle avait d&#233;cid&#233; que ce serait lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle regarde sa robe blanche. Tout s'est pass&#233; comme elle l'avait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Prose&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est la derni&#232;re soir&#233;e de la semaine au village de vacances : soir&#233;e blanche, tenue blanche exig&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
On danse autour de la piscine. Amandine ondule avec les autres ados au milieu des familles. Le regard des hommes se pose souvent sur le corps de cette jolie brune de 17 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais elle les ignore, elle pense &#224; Mathias. Il a &#233;t&#233; doux cet apr&#232;s-midi. Un ange de tendresse, aussi intimid&#233; qu'elle. Elle avait d&#233;cid&#233; que ce serait lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle regarde sa robe blanche. Tout s'est pass&#233; comme elle l'avait souhait&#233;. Objectif des vacances atteint. Alors pourquoi cette larme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cadavres</title>
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		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il a entass&#233; les cadavres. Il les a compt&#233;s : quatre cent vingt-cinq. Pourtant, il avait dit un par jour, pas plus. Un moyen comme un autre de compter les jours qui passent depuis cette catastrophe. Quatre cent vingt-cinq donc, en &#224; peine cent jours. Autant il conna&#238;t le nombre exact de cadavres, autant il doute sur le nombre de jours. Quatre-vingt-quinze, quatre-vingt-dix-huit, cent seize peut-&#234;tre. Qui sait ? Ce dont il est s&#251;r, c'est qu'il a pass&#233; les cinquante-huit jours. Tiens, cinquante-huit, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Prose&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il a entass&#233; les cadavres. Il les a compt&#233;s : quatre cent vingt-cinq. Pourtant, il avait dit un par jour, pas plus. Un moyen comme un autre de compter les jours qui passent depuis cette catastrophe. Quatre cent vingt-cinq donc, en &#224; peine cent jours. Autant il conna&#238;t le nombre exact de cadavres, autant il doute sur le nombre de jours. Quatre-vingt-quinze, quatre-vingt-dix-huit, cent seize peut-&#234;tre. Qui sait ? Ce dont il est s&#251;r, c'est qu'il a pass&#233; les cinquante-huit jours. Tiens, cinquante-huit, comme mon &#226;ge, avait-il not&#233;. D'ailleurs, c'est depuis ce cinquante-huiti&#232;me jour qu'il a acc&#233;l&#233;r&#233; la cadence. Il en &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; trois cadavres quotidiens. Quatre, puis cinq, huit maintenant. Sans aucun remords. Dans ses rares moments de lucidit&#233;, il avoue avoir un peu honte. Puis qui s'en soucie ? Un de plus, un de moins... Sauf qu'on ne peut plus circuler dans le garage. Le sol se recouvre d'une couche poisseuse et noir&#226;tre : la chape boit le rouge qui s'&#233;chappe des cadavres et qui s&#232;che lentement. L'odeur devient intenable. Les centaines de cadavres, &#231;a prend de la place, fussent-ils des cadavres de bouteilles. Les litrons de rouge qu'il s'enfile chaque jour depuis son licenciement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette mise &#224; la porte, il l'avait v&#233;cue comme la fin du monde, son monde. Trente ans de bo&#238;te, &#231;a pesait pas lourd face aux trente pour cent de marge qu'exigeaient les actionnaires. Il a vid&#233; ses comptes, oh pas grand-chose, juste de quoi acheter huit cent sept litres de vin, qu'il pr&#233;voit de boire. Trois mois qu'il picole tout seul comme un con dans son vieux pavillon qu'il ne tardera pas &#224; perdre, comme le reste. Enfin, s'il n'a pas crev&#233; avant. Parce qu'&#224; ce rythme, &#231;a ne tra&#238;nera pas. Il pense &#224; ces salopards qui viendront saisir sa baraque. La tronche qu'ils feront quand ils verront ces cadavres, quand ils comprendront qu'il faudra les apporter au container de recyclage &#224; l'entr&#233;e du lotissement. Et quelle tronche ils feront en voyant le sien, de cadavre, pendu au-dessus de cette montagne de verre ! Ah, les cons ! crie-t-il, avant que la toux n'interrompe ses pens&#233;es alcoolis&#233;es. Et d'ouvrir une autre bouteille pour boire &#224; la sant&#233; des cons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 14 janvier 2013 sur &lt;a href=&#034;http://calipso.over-blog.net/article-les-cent-premiers-jours-apres-la-fin-du-monde-24-114275286.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Calipso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le retour de Babylone</title>
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		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>Ville</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Jo&#235;l Hamm&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coute. &#201;coute-moi. N'entends-tu pas ma douleur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, tu n'entends pas avec ce vacarme. Je passe tous les feux au rouge. Voitures, bus, m&#233;tro, tram, trolley, funiculaire, train, tous &#224; l'arr&#234;t. Laisse-les klaxonner, laisse-les crier, ils finiront par s'en lasser, j'ai tout mon temps, je compte en si&#232;cles, pas en secondes comme eux. Ils se lasseront, te dis-je, ils abandonneront leurs engins d'ali&#233;n&#233;s, et le calme reviendra comme avant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vois, il a suffi de quelques heures pour leur (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://franckgarot.net/IMG/arton23.jpg&#034; width='150' height='113' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; Jo&#235;l Hamm&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;coute. &#201;coute-moi. N'entends-tu pas ma douleur ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, tu n'entends pas avec ce vacarme. Je passe tous les feux au rouge. Voitures, bus, m&#233;tro, tram, trolley, funiculaire, train, tous &#224; l'arr&#234;t. Laisse-les klaxonner, laisse-les crier, ils finiront par s'en lasser, j'ai tout mon temps, je compte en si&#232;cles, pas en secondes comme eux. Ils se lasseront, te dis-je, ils abandonneront leurs engins d'ali&#233;n&#233;s, et le calme reviendra comme avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu vois, il a suffi de quelques heures pour leur apprendre la patience. Alors &#233;coute maintenant. N'entends-tu point le bruit de ces tuyaux dans mon ventre ? Ce gargouillis incessant de l'eau, du gaz, de la merde, des ordures, des hommes, crois-tu qu'ils m'aient demand&#233; mon avis avant de creuser mes entrailles ? &#201;coute mon souffle souffreteux, je meure doucement. Qu'on m'enl&#232;ve ces tubes !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;coute-les aussi. Leurs solitudes reli&#233;es par un r&#233;seau nerveux de fibres &#233;lectriques qui me picotent sous la peau. &#201;coute le cliquetis de leurs claviers. Ils se croient libres, ces imb&#233;ciles, alors qu'ils sont en manque d&#232;s qu'ils perdent leur connexion avec le n&#233;ant. Allez, je coupe tout. Oui, tu entends leurs hurlements &#224; pr&#233;sent. Ils se rabattront sur les antennes. Fais-moi confiance ce sera de courte dur&#233;e, le rayonnement des relais cessera lui aussi bient&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et regarde-moi, regarde ce qu'ils ont fait de moi. Des fa&#231;ades couvertes de miroirs pour mieux admirer leurs visages de damn&#233;s quand ils se rendent dans leurs bureaux. Quel contraste avec l'Utopie publicitaire affich&#233;e partout sur de grands panneaux hideux. Que les miroirs volent en &#233;clats ! Bling ! Admire la laideur des blocs de b&#233;ton, ils n'aiment pas, s'y retrouvent, ils abhorrent l'introspection. Vois-tu ces avenues trac&#233;es au m&#233;pris de mon corps ? Un beau quadrillage pour parquer le b&#233;tail humain. Ils ont os&#233; scarifier une vieille dame comme moi. Parle-leur de &lt;i&gt;Nous autres&lt;/i&gt;, le roman de Zamiatine. Cette bande d'aveugles te moquera. Ils lisent mais ne comprennent rien, ne comprendront jamais, h&#233;las.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ont abattu mes majestueux remparts pour goudronner un boulevard circulaire o&#249; l'on circule difficilement, dans la fum&#233;e crasse des pots d'&#233;chappement, sous les insultes des chauffards. Regarde, la muraille se dresse &#224; nouveau, leurs voitures &#224; dix m&#232;tres du sol ! Et je sonne le retour des portes, pas pour l'octroi mais pour filtrer les entr&#233;es ; les cuistres n'ont plus droit de cit&#233;. Dehors !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ont ferm&#233; mes commerces au profit d'un cubisme p&#233;riph&#233;rique, au-del&#224; ma ceinture de bitume, ils font de moi un mus&#233;e, un parc d'attractions pour zombies, la vie s'&#233;chappe, et je meure doucement. Je ne veux pas devenir un souvenir, une nouvelle Babylone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le premier num&#233;ro de la revue &lt;a href=&#034;http://revuedistorsions.blogspot.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Distorsions&lt;/a&gt; et le 22 f&#233;vrier 2011 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2011/02/le-retour-de-babylone.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'inconnu de Phuket</title>
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		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Tsunami</dc:subject>

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&lt;p&gt;Leurs corps sont ench&#226;ss&#233;s, m&#234;l&#233;s ; ils flottent sur les draps comme port&#233;s par une houle, une onde l&#233;g&#232;re ; le mouvement est r&#233;gulier et lent ; le plaisir vient, insensiblement, vague profonde et in&#233;luctable ; la fen&#234;tre ouverte laisse entrer l'air, une brise d'une chaleur lasse en ce matin de d&#233;cembre tropical ; des gouttes de sueur perlent et forment de minuscules ruisseaux qui se rejoignent dans les plis de l'aine, du cou, des aisselles ; puis les muscles se tendent doucement, un infime tremblement (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://franckgarot.net/IMG/arton26.jpg&#034; width='132' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Leurs corps sont ench&#226;ss&#233;s, m&#234;l&#233;s ; ils flottent sur les draps comme port&#233;s par une houle, une onde l&#233;g&#232;re ; le mouvement est r&#233;gulier et lent ; le plaisir vient, insensiblement, vague profonde et in&#233;luctable ; la fen&#234;tre ouverte laisse entrer l'air, une brise d'une chaleur lasse en ce matin de d&#233;cembre tropical ; des gouttes de sueur perlent et forment de minuscules ruisseaux qui se rejoignent dans les plis de l'aine, du cou, des aisselles ; puis les muscles se tendent doucement, un infime tremblement les parcourt : ils vont jouir, c'est palpable ; ils n'entendent pas ce silence de mort, soudain, bris&#233; par le fracas de la mer qui les emporte, avec leur bungalow, comme des milliers d'autres sur cette &#238;le de Phuket.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des cris, des r&#226;les, des pleurs, et ces larmes, ridicules rus quand tout flotte alentour dans les rues : les corps, les paniers, les corps, les planches, les corps, les bidons ; et lui, nu, accroch&#233; &#224; un arbre, lui qui hurle et qui appelle : Nadia ! Nadia ! Plus tout &#224; fait un homme, ni d&#233;j&#224; un animal, un &#234;tre qui souffre et qui le crie, avec cette voix, mon Dieu, cette voix qui appelle ; ils voudraient tous qu'il se taise : Quelle ind&#233;cence ! Croit-il qu'il soit le seul &#224; souffrir ? Qu'il arr&#234;te &#224; la fin ! Il voit leurs regards : la douleur et la haine ; alors il se tait subitement, puis il pleure en silence, piteusement, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment seul dans cet enfer tropical.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Amas de t&#244;les, de briques, de bois, de tissu, de boue que les bulldozers retournent, ou rassemblent, et cette odeur, horrible, cette odeur de d&#233;composition qui &#233;mane des gravats, pourriture des cadavres, &#231;a pue la mort ici ; quelques chiens fam&#233;liques cherchent une pitance dans cette d&#233;charge de l'Humanit&#233;, tandis que d'autres, chiens agiles et robustes, venus par avions, cherchent des corps qui bougeraient encore ; et lui, pauvre h&#232;re au milieu de cette merde, un pagne trou&#233; et sale autour de la taille, il marmonne un pr&#233;nom, toujours le m&#234;me, continuellement, Nadia, Nadia, il ne sait plus comment il s'appelle, Nadia, Nadia, ne sait plus s'il parle anglais, fran&#231;ais ou allemand, Nadia, Nadia, il ne conna&#238;t plus qu'une langue, celle de l'algie de son &#226;me, une langue qui se r&#233;sume &#224; un seul mot : Nadia.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il d&#233;range : on n'aspire qu'au deuil, &#224; reconstruire, nettoyer, donner une image de paradis, mais ce revenant d'outre-tombe qui mendie devant les tentes de la Croix-Rouge ram&#232;ne chacun &#224; son propre malheur, &#224; ses pertes. Mais comment le renvoyer chez lui, cet intrus ? On veut conna&#238;tre son nom, on le prend en photo, on le filme, sa t&#234;te affich&#233;e dans toutes les ambassades ; il doit bien avoir de la famille, en Europe ou ailleurs, et le monde entier s'en &#233;meut, les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s titrent sur l'inconnu de Phuket, des dizaines de m&#232;res reconnaissent en lui leur fils disparu depuis des ann&#233;es, on demande son ADN, son empreinte de m&#226;choire. Puis un autre malheur arrive, ailleurs, alors il dispara&#238;t des &#233;crans, les affiches jaunissent, il tombe dans l'oubli, pour les m&#233;dias il n'existera plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyageur, si tu viens &#224; Phuket, les habitants de l'&#238;le te parleront de cet homme. Ils te diront de le fuir, qu'il porte malheur. Ils le craignent. Ils l'ont appel&#233; Nadia. Pour &#233;viter sa col&#232;re qu'ils imaginent tsunamique, ils lui apportent chaque jour de la nourriture qu'ils d&#233;posent devant son petit cabanon fait de t&#244;les et de planches de r&#233;cup&#233;ration. Ils te diront aussi que Nadia parle avec les morts. Leurs morts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ignorent que l'inconsolable attend la prochaine vague&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; dans le num&#233;ro 36 de la revue Sol'Air et le 7 d&#233;cembre 2010 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2008/11/linconnu-de-phuket.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Illustration : &lt;i&gt;Paradise&lt;/i&gt; (d&#233;tail) de &lt;a href=&#034;http://www.cedricgalopin.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;C&#233;dric Galopin&lt;/a&gt;, (c) C&#233;dric Galopin 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#201;treinte</title>
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		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>100 mots</dc:subject>
		<dc:subject>Judo</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'&#233;tait la premi&#232;re fois que je le voyais. Je n'avais pas peur, je savais qu'il me donnerait ce que j'&#233;tais venu chercher. D'ailleurs, nous &#233;tions tous venus pour &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt; Il ne r&#233;sista pas longtemps. Nous nous retrouv&#226;mes rapidement allong&#233;s sur le tapis. Je l'avais saisi assez rudement et il avait peu r&#233;sist&#233; &#224; mon &#233;treinte. Il subissait, j'adorais &#231;a. Je ne le l&#226;chais pas : nous ne faisions plus qu'un.&lt;br class='autobr' /&gt; Puis nous entend&#238;mes : Temps ! et l'arbitre cria : Ippon, sorremade.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette immobilisation m'apporta les dix (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Judo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://franckgarot.net/IMG/arton30.jpg&#034; width='73' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait la premi&#232;re fois que je le voyais. Je n'avais pas peur, je savais qu'il me donnerait ce que j'&#233;tais venu chercher. D'ailleurs, nous &#233;tions tous venus pour &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne r&#233;sista pas longtemps. Nous nous retrouv&#226;mes rapidement allong&#233;s sur le tapis. Je l'avais saisi assez rudement et il avait peu r&#233;sist&#233; &#224; mon &#233;treinte. Il subissait, j'adorais &#231;a. Je ne le l&#226;chais pas : nous ne faisions plus qu'un.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis nous entend&#238;mes : Temps ! et l'arbitre cria : Ippon, sorremade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette immobilisation m'apporta les dix derniers points pour ma ceinture noire de judo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 19 octobre 2010 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2010/10/les-tiroirs.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Reportage</title>
		<link>http://franckgarot.net/spip.php?article29</link>
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		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


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		<dc:subject>Londres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;City Airport. Juillet. Costumes, chaussures cir&#233;es. Tailleurs, tongs. Oyster card, DLR, quai, train. Millennium Dome. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt; Canary Wharf et ses banques. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt; Tunnel, Bank Station. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt; Marcher jusqu'&#224; Saint Paul. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt; Taxis noirs, bus rouges, cabines t&#233;l&#233;phoniques rouges. Photos.&lt;br class='autobr' /&gt; Penser qu'on se rend &#224; la Tate pour un reportage. Alors descendre doucement vers la Tamise. Mais fl&#226;ner et se perdre. Tomber sur the Church of Scientology. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt; Tom Cruise dans les locaux selon le Daily (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Londres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://franckgarot.net/IMG/arton29.jpg&#034; width='113' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;City Airport. Juillet. Costumes, chaussures cir&#233;es. Tailleurs, tongs. Oyster card, DLR, quai, train. Millennium Dome. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Canary Wharf et ses banques. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tunnel, Bank Station. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marcher jusqu'&#224; Saint Paul. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Taxis noirs, bus rouges, cabines t&#233;l&#233;phoniques rouges. Photos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Penser qu'on se rend &#224; la Tate pour un reportage. Alors descendre doucement vers la Tamise. Mais fl&#226;ner et se perdre. Tomber sur the Church of Scientology. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tom Cruise dans les locaux selon le Daily Mirror. Des fans dehors. Une voiture diplomatique, un conseiller de l'&#201;lys&#233;e. Photo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gorille aux trousses. Look right ! Bus, choc. Fin du reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 12 septembre 2010 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2010/09/swinging-london.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le jour de J.</title>
		<link>http://franckgarot.net/spip.php?article27</link>
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		<dc:date>2010-05-07T07:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>Caen</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour moi, le samedi 20 mars 2010 sera le jour de J.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il commence &#224; 12 h 03, Issy-les-Moulineaux, bus 123. Vitres chauff&#233;es par le soleil du premier jour du printemps. Des cabas, des caddies, jour de march&#233;, jour de supermarch&#233;. De la vie plein la gueule. Je pense &#224; J.&lt;br class='autobr' /&gt;
12 h 15, m&#233;tro ligne 12. Dans la rame, les couleurs m&#234;l&#233;es des visages des v&#234;tements. La France comme une pub Benetton. Station Saint-Lazare, logo jaune et bleu de la firme su&#233;doise. De vrais canap&#233;s install&#233;s au pied de leur pub. Je (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour moi, le samedi 20 mars 2010 sera le jour de J.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il commence &#224; 12 h 03, Issy-les-Moulineaux, bus 123. Vitres chauff&#233;es par le soleil du premier jour du printemps. Des cabas, des caddies, jour de march&#233;, jour de supermarch&#233;. De la vie plein la gueule. Je pense &#224; J.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12 h 15, m&#233;tro ligne 12. Dans la rame, les couleurs m&#234;l&#233;es des visages des v&#234;tements. La France comme une pub Benetton. Station Saint-Lazare, logo jaune et bleu de la firme su&#233;doise. De vrais canap&#233;s install&#233;s au pied de leur pub. Je me demande si les clodos ont &#233;t&#233; chass&#233;s &#224; coups de pied au cul. Je pense &#224; J.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12 h 45, gare Saint-Lazare. Avant d'entrer dans un tableau de Monet, la sculpture d'Arman me rappelle les horloges de Dal&#237;. Le temps, le temps, le temps, le temps&#8230; Je pense fortement &#224; J.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13 h 10, voie 19, train 3309, voiture 14, place 31. Je voudrais noter tout ce que je vois, &#224; travers la vitre, &#224; la mani&#232;re de Joachim S&#233;n&#233;. Mais ce train dont je connais le trajet par c&#339;ur &#8211; combien de fois l'ai-je pris ? &#8211; charrie les souvenirs qui m'emportent loin, vers une autre vie, &#233;tudiante, avec ses r&#234;ves, avec mes amis, dont J. Je pense &#224; lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15 h 04, Caen, tram A. Je traverse la ville, je ne reconnais rien, comme apr&#232;s un d&#233;luge, tout a chang&#233;, pour le mieux n&#233;anmoins. Me reviennent par bribes quelques images, un amphi de la fac des sciences, une chambre de Crous, ce concert de Jad Wio avec Yo, un oral de rattrapage pour le bac, un vrai hold-up ce bac, et J. meilleur que moi l'avait rat&#233; cette ann&#233;e-l&#224;. Je pense encore &#224; J.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15 h 30, CHU, 13&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tage, chambre 208. Je retiens mes larmes, j'entre, et J. me sourit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 7 mai 2010 chez &lt;a href=&#034;http://jsene.net/spip.php?article132&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt; &#224; l'occasion des Vases communicants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Impressionniste</title>
		<link>http://franckgarot.net/spip.php?article28</link>
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		<dc:date>2009-06-08T13:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>100 mots</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Boudin</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Monet</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le train de banlieue le menait tranquillement vers la capitale. La peinture achet&#233;e la veille dans son sac, il portait son regard sur la ville qui s'approchait.&lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait t&#244;t. Il pouvait admirer un panorama que n'auraient pas reni&#233; Monet et Boudin, ses r&#233;f&#233;rences ; un ciel d'estuaire, quoique moins changeant, avec des cama&#239;eux de rose et de bleu, et une lumi&#232;re rasante donnant des reflets cuivr&#233;s aux nuages de ce ciel parisien.&lt;br class='autobr' /&gt; Il descendit du train, il longea les voies jusqu'au tunnel. Il sortit les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;100 mots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Boudin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Claude Monet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le train de banlieue le menait tranquillement vers la capitale. La peinture achet&#233;e la veille dans son sac, il portait son regard sur la ville qui s'approchait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait t&#244;t. Il pouvait admirer un panorama que n'auraient pas reni&#233; Monet et Boudin, ses r&#233;f&#233;rences ; un ciel d'estuaire, quoique moins changeant, avec des cama&#239;eux de rose et de bleu, et une lumi&#232;re rasante donnant des reflets cuivr&#233;s aux nuages de ce ciel parisien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il descendit du train, il longea les voies jusqu'au tunnel. Il sortit les bombes de son sac et commen&#231;a &#224; taguer son nom : MoneZ.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 8 juin 2009 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2009/06/les-jivaro-de-luc-michel-fouassier.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rebours</title>
		<link>http://franckgarot.net/spip.php?article6</link>
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		<dc:date>2009-03-01T08:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dix. Il fait froid ici. Le vent certainement. C'est que je suis sur le toit de mon entreprise, &#224; trente m&#232;tres du sol. Bient&#244;t ils n'auront plus besoin d'un immeuble si haut. Ils d&#233;localisent. Bangkok. Il para&#238;t que c'est mieux pour l'entreprise. Et c'est mieux pour les actionnaires. C'est mieux pour moi aussi, car j'ai maintenant un nouveau challenge : trouver un nouveau boulot. Avoir des challenges, c'est important dans mon m&#233;tier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Neuf. Dans mon m&#233;tier, les syndicalistes sont rares. Les cadres ne (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://franckgarot.net/IMG/arton6.jpg&#034; width='113' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dix. Il fait froid ici. Le vent certainement. C'est que je suis sur le toit de mon entreprise, &#224; trente m&#232;tres du sol. Bient&#244;t ils n'auront plus besoin d'un immeuble si haut. Ils d&#233;localisent. Bangkok. Il para&#238;t que c'est mieux pour l'entreprise. Et c'est mieux pour les actionnaires. C'est mieux pour moi aussi, car j'ai maintenant un nouveau challenge : trouver un nouveau boulot. Avoir des challenges, c'est important dans mon m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Neuf. Dans mon m&#233;tier, les syndicalistes sont rares. Les cadres ne font pas appel aux syndicats. Vous comprenez, c'est pour les ouvriers qualifi&#233;s, la main-d'&#339;uvre, pas pour nous. Sauf quand on se fait virer &#233;videmment. Mais l&#224;, c'est diff&#233;rent : on se moque bien du regard des autres. Il faut payer les traites de l'appartement, du 4x4 ou de l'installation home cinema. Encore faut-il qu'il reste des repr&#233;sentants syndicaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Huit. Les repr&#233;sentants syndicaux, cela fait six mois qu'il n'y en a plus, tout comme les membres les plus virulents du Comit&#233; d'entreprise. Ils sont tous mut&#233;s dans une autre filiale, une autre r&#233;gion, pour un nouveau poste, un nouveau salaire. Le vent nous portera disait la chanson. Il les a port&#233;s loin d'ici, loin du conflit, loin de ceux qui les avaient m&#233;pris&#233;s pendant des ann&#233;es et qui les maudissent maintenant de n'&#234;tre plus l&#224; pour les aider. Ils sont tous partis, comme Alain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sept. Alain, le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical qui travaillait &#224; la compta. On faisait du foot ensemble, les tournois, le championnat interentreprises. L'amiti&#233; virile, les matchs &#224; la t&#233;l&#233; en buvant des bi&#232;res. Il est venu plusieurs fois &#224; la maison. Je n'avais rien vu venir. Et pourtant il venait de plus en plus souvent. Jusqu'au jour o&#249; il est parti avec Nathalie, ma femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Six. Nathalie, ma femme, devait s'ennuyer avec moi. Je partais t&#244;t, rentrais tard. Sans compter les diverses missions et les s&#233;minaires. Si on ne donne pas de son temps &#224; l'entreprise, vous savez, on ne progresse pas. Et du temps, Nathalie en disposait avec son mi-temps au magasin, surtout que les enfants sont grands maintenant. Elle a fini par se lasser de m'attendre. Et Alain, le comptable, qui se foutait bien de sa carri&#232;re, avait lui aussi du temps &#224; perdre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cinq. Perdre. Voici un nouveau mot dans mon vocabulaire. Je perds mon boulot, je perds ma femme. Je perds mes enfants aussi ; ils suivent leur m&#232;re. Je perds mes amis, au club, il n'y a pas de place pour les losers comme moi. Quelle pourrait &#234;tre ma vie maintenant ? Je ne veux pas m'humilier dans des entretiens d'embauche. Ni dans un divorce. J'ai finalement d&#233;cid&#233; de partir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quatre. D&#233;cid&#233; de partir, oui mais pour o&#249; ? Tout quitter, larguer les amarres, aller au bout du monde, devenir aventurier, chercheur d'or. Je n'irai pas &#224; Bangkok, &#233;videmment. Plut&#244;t Mayotte, Madagascar, les Marquises, la Patagonie, Bahia&#8230; Oui, je pourrais changer de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trois. Changer de vie pour mieux l'oublier. Mais comment oublier l'ali&#233;nation de mon travail, la honte d'un mariage rat&#233; ? Comment continuer &#224; vivre dans ce monde, accul&#233; de toutes parts par les donneurs de le&#231;ons ou les marchands, o&#249; l'on subit chaque jour les plus voraces, les plus forts ? Comment se mettre entre parenth&#232;ses de ce monde-l&#224;, de ce monde pour lequel je ne suis plus adapt&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux. Je ne suis plus adapt&#233; &#224; ces faux semblants, l'hypocrisie des coll&#232;gues compatissants ou des amis devenus pr&#233;venants. Je change. Je l&#226;che prise. Je quitte les r&#233;seaux d'influence. Je passe du c&#244;t&#233; des inactifs, des parasites, comme si je passais &#224; l'ennemi en quelque sorte. Pourrai-je le supporter ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un. Supporter ce monde que je vomis &#224; pr&#233;sent ? Je ne veux que le fuir ; je peux m'&#233;vader ou tout quitter. Prendre un aller simple vers l'inconnu ou m'enfermer entre quatre planches de sapin blanc. &#192; trente m&#232;tres du sol, je n'ai que deux options : je pars ou je saute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Z&#233;ro. Je saute ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans le num&#233;ro 35 de la revue Sol'Air, et le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars 2009 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2009/03/rebours.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La reine du Burger King</title>
		<link>http://franckgarot.net/spip.php?article8</link>
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		<dc:date>2008-10-08T08:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La femme de ma vie s'appelle Clara. Elle est &#233;tudiante en langues, comme moi, et travaille dans un Burger King pour payer ses &#233;tudes. J'avais postul&#233; moi aussi mais je n'ai pas les arguments de Clara. Il faut avouer qu'elle a des seins &#233;normes. Ce qui convenait parfaitement &#224; Matt, le manager, qui l'a imm&#233;diatement embauch&#233;e sans autres r&#233;f&#233;rences que son bonnet F. Il n'a pas regrett&#233;. La fr&#233;quentation du fast food a augment&#233;. Le restaurant est situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; d'un lyc&#233;e. Clara fait un peu d'ombre &#224; ses (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://franckgarot.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Prose&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://franckgarot.net/IMG/arton8.jpg&#034; width='150' height='104' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La femme de ma vie s'appelle Clara. Elle est &#233;tudiante en langues, comme moi, et travaille dans un Burger King pour payer ses &#233;tudes. J'avais postul&#233; moi aussi mais je n'ai pas les arguments de Clara. Il faut avouer qu'elle a des seins &#233;normes. Ce qui convenait parfaitement &#224; Matt, le manager, qui l'a imm&#233;diatement embauch&#233;e sans autres r&#233;f&#233;rences que son bonnet F.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'a pas regrett&#233;. La fr&#233;quentation du fast food a augment&#233;. Le restaurant est situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; d'un lyc&#233;e. Clara fait un peu d'ombre &#224; ses coll&#232;gues, c'est ind&#233;niable ; la queue est bien plus longue devant le d&#233;collet&#233; de Clara. Les m&#226;les ados perdent leur contenance lorsqu'ils doivent passer commande. Ils bredouillent en rougissant devant les copains qui s'esclaffent. Lesquels copains se d&#233;composent quand vient leur tour. Car la deuxi&#232;me arme de Clara, ce sont ses yeux. Quand elle plante dans les v&#244;tres son regard vert, vous &#234;tes hypnotis&#233;. Et pour achever ces petits coqs, elle use de sa d&#233;marche l&#233;g&#232;rement insolente quand elle leur tourne le dos pour chercher leur Whopper et leur Pepsi. Ils sont accros, ils reviennent, et Matt applaudit. Et on s'&#233;tonne ensuite de l'augmentation du nombre d'ob&#232;ses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout succ&#232;s a ses revers. Matt ne la l&#226;che pas. Il ambitionne de mettre ses paluches sur les seins de ma Clara. Alors qu'ils me sont compl&#232;tement r&#233;serv&#233;s. Personne d'autre que moi n'a l'autorisation de les caresser, les p&#233;trir, les l&#233;cher, les t&#233;ter. Tout comme le reste, qui ne regarde que Clara et moi. Elle lui a bien signifi&#233; plusieurs fois mais il insiste. Et que je t'effleure les fesses, et que je te pose la main sur l'&#233;paule, &#171; oh sorry Clara &#187;. Elle l'a gentiment &#233;conduit &#224; chaque fois. Il a bien essay&#233; le chantage, l'a menac&#233;e de la virer. Cependant, elle le sait incapable de tirer un trait sur le chiffre d'affaire en hausse depuis qu'elle travaille ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors hier soir, il a tent&#233; son va-tout. Il s'est arrang&#233; pour faire la fermeture avec elle. Elle mettait les chaises sur les tables avant de nettoyer le sol lorsqu'il l'a saisie par la taille. Il s'est coll&#233; &#224; elle en lui susurrant des &#171; Clara, I love you &#187;. Elle a compris qu'elle allait y passer lorsqu'il a commenc&#233; &#224; d&#233;zipper son pantalon. Elle l'a alors violemment repouss&#233; d'un coup de rein, elle a arrach&#233; une chaise du sol et lui a ass&#233;n&#233; un violent coup sur la t&#234;te. Il a effectu&#233; un superbe demi-tour, deux pouces au-dessus du sol, avant de s'affaler m&#233;chamment sur la banquette derri&#232;re lui. Il ne bougeait plus quand elle est partie. Elle s'&#233;tait quand m&#234;me assur&#233; qu'il respirait encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pr&#233;vois une forte chute du chiffre d'affaire du Burger King dans les prochains jours. Apr&#232;s un c&#226;lin coquin dont elle a le secret, elle m'a dit : &#171; Mary, ma ch&#233;rie, je crois que les lyc&#233;ens vont se mettre &#224; la salade. Je vais postuler pour le Salad Queen &#187;. Le minist&#232;re de la Sant&#233; va appr&#233;cier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 8 octobre 2008 sur le blog de Magali Duru&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo : Singapour 2005, (c) Magali Duru&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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